Home » Les parcs agro-industriels ne sont pas la solution pour lutter contre la faim et la pauvreté des populations rurales en RDCYou are here:  
Les parcs agro-industriels ne sont pas la solution pour lutter contre la faim et la pauvreté des populations rurales en RDC
By: RRN, CEDEN
Published: August 31, 2019
Countries: DR Congo
Topics: Community Rights
Document type: Statement
Document ID: 8159
View count: 100
Email this document
Les parcs agro-industriels ne sont pas la solution pour lutter contre la faim et la pauvreté des populations rurales en RDC

La banque mondiale doit abandonner son approche de l’agriculture

Les paysan-ne-s cultivent 80% des terres agricoles et produisent 80% de la nourriture consommée dans les pays en développement.[1] « Ils sont et resteront donc des garants essentiels de la sécurité et de la souveraineté alimentaire des pays, et les principaux investisseurs et employeurs du secteur agricole. Par conséquent, c’est leur capacité à investir et à développer la terre, et non celle des grandes entreprises qui doit être renforcée. La capacité d’investissement des producteurs est cependant entravée par la violation de leur droit à la terre et le manque de soutien de la part des gouvernements. Les moyens de subsistance des paysan-ne-s sont particulièrement menacés par le phénomène actuel d’accaparement des terres que la Banque Mondiale ne cesse d’alimenter et de son plaidoyer en faveur des réformes foncières et de l’ouverture des secteurs agricole aux investissements directs étrangers (IDE) ».[2]

Nous affirmons que l’agriculture fournit 97% des revenus des ruraux congolais et que, en moyenne, les agriculteurs dépendent du marché pour plus de 42% de leurs besoins alimentaires. Les agriculteurs dépendent de leur propre production pour environ la moitié de leur consommation alimentaire et la grande majorité d’entre eux tirent leurs revenus de la vente de leurs cultures.[3]  Les agriculteurs dits de subsistance vendent donc leurs cultures, ce qui leur fournit les revenus nécessaires pour acheter d’autre nourriture et couvrir d’autres dépenses.[4] La Banque Mondiale ne reconnaît pas cette exigence de base et continue de favoriser sans discernement les IDE dans le secteur agricole et d’imposer un modèle de développement uniforme, où le business règne en maître. Cela met gravement en danger la sécurité et la souveraineté alimentaire des pays en développement.[5]

Nous demandons que la Banque Mondiale et la Banque africaine de développement soutiennent en priorité l’agriculture familiale et le désenclavement des zones rurales pour l’évacuation aisée des produits agricoles. La débâcle du parc agro industriel de Bukanga Lonzo[6] est une preuve de la déficience de l’approche de l’agriculture soutenue par la Banque Mondiale en République Démocratique du Congo.