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Finance climatique pour les forêts et les communautés dans le bassin du Congo : Avancées et défis
By: Fern
Published: November 15, 2022
Countries: Other
Document ID: 9445
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Finance climatique pour les forêts et les communautés dans le bassin du Congo : Avancées et défis

Dans le cadre de la COP 27,  Fern et l’Institut européen des forêts (EFI) ont organisé un évènement parallèle « Finance climatique pour les forêts et les communautés dans le bassin du Congo : avancées et défis », le 15 novembre 2022, en collaboration avec la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC), le Partenariat pour les forêts du bassin du Congo (PFBC) et Transparency International. .

Le bassin du Congo est la deuxième plus grande forêt tropicale du monde après l’Amazonie, couvrant près de deux millions de kilomètres carrés. Il est le grenier de millions de personnes et joue un rôle crucial dans la régulation du climat mondial.

L’évènement parallèle s’est penché sur l’importance de mobiliser des ressources financières supplémentaires en faveur de la protection des forêts du bassin du Congo afin de répondre aux multiples défis auxquels sont confrontées ces forêts et aux besoins des communautés locales.

Des représentants de la République démocratique du Congo, de la République du Congo, de l’Initiative pour les forêts d’Afrique centrale (CAFI), du Réseau africain pour les droits des communautés et de Transparency International ont fait le point sur les engagements financiers pour les forêts de la sous-région ainsi que sur leurs impacts sur les forêts et les populations forestières.

La gouvernance doit être au centre des préoccupations

Brice Boehmer, de Transparency International, a expliqué que les obstacles à la gouvernance entravent la réussite de l’action climatique. Il en résulte des approches fragmentées et non coordonnées, des programmes de développement et de lutte contre le changement climatique non alignés et la mainmise des élites sur le financement du climat. Les analyses de Fern et Transparency International montrent que les flux de financement du climat forestier au Cameroun, en République du Congo, en République démocratique du Congo (RDC), au Ghana, en Indonésie et au Pérou sont loin d’être transparents et inclusifs. L’impact sur la résilience des forêts et sur les droits et moyens de subsistance des communautés locales et des peuples autochtones a été maigre à ce jour. M. Boehmer a recommandé aux décideurs politiques d’augmenter le financement climatique pour les forêts et de s’attaquer aux risques de corruption dans les mécanismes de financement.

Une action climatique qui profite à tous

La mise en œuvre des contributions déterminées au niveau national (CDN) dont le coup d’envoi a été donné lors de la 26e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP26) en novembre 2021, est l’occasion d’orienter les financements climatiques vers la protection et la restauration des forêts. Pour Maixent Agnimbat, du Réseau Africain des Droits des Communautés (ACRN), et Guy Kajemba, du Groupe de Travail Climat REDD – Rénové (GTCRR) en République Démocratique du Congo (RDC), la société civile et les communautés locales et populations autochtones ont un rôle crucial à jouer dans l’élaboration et la mise en œuvre des engagements climatiques. Cependant, l’expérience en République du Congo et en République Démocratique du Congo montre que les communautés forestières n’ont pas entendu parler des Contributions Déterminées au niveau National ni des engagements climatiques de leurs pays. La route est encore longue pour que les défenseurs de la forêt s’engagent de manière significative dans la mise en œuvre des CDN. Pour cela, un espace civique, des mécanismes de financement dédiés et des capacités seront essentiels. Les deux panélistes ont invité les gouvernements du Bassin du Congo et leurs partenaires internationaux à fournir un soutien financier direct aux initiatives locales telles que la foresterie et la restauration menées par les communautés ainsi que l’agriculture à petite échelle afin de réduire la pression sur les forêts et de renforcer les moyens de subsistance des femmes et des peuples autochtones.

Des partenariats équitables et inclusifs avec les pays forestiers sont indispensables

S’exprimant au nom de l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI), Danae Maniatis a expliqué que, par le biais d’une lettre d’intention (comme celles conclues avec la RDC, le Gabon et la République du Congo), le conseil d’administration de la CAFI et le gouvernement du pays partenaire conviennent d’objectifs et de cibles assortis de délais en matière de réforme politique et de performance programmatique. Ils conviennent également du soutien financier correspondant. L’initiative a obtenu 800 millions de dollars depuis 2015 pour aider les pays partenaires à élaborer et à présenter leurs cadres d’investissement nationaux, en s’attaquant à tous les facteurs de déforestation et de dégradation des forêts. Madame Maniatis a noté que la RDC offre une étude de cas sur les moyens potentiels de progresser. Elle a parlé d’un programme phare en RDC , les « PIREDD » ou programmes intégrés REDD+ provinciaux, par lequel CAFI œuvre aux côtés des gouvernements locaux et des communautés pour développer des plans de développement vert qui s’appuient sur une vision à long terme pour une utilisation inclusive et durable des terres. Les plans développés au niveau des villages ont apporté une reconnaissance officielle supplémentaire des accords passés, contribuant ainsi à la sécurité foncière des agriculteurs et des communautés.

Si les acteurs de la société civile et les bénéficiaires saluent ces initiatives, ils estiment que le financement est encore insuffisant pour concurrencer l’exploitation forestière, minière et pétrolière industrielle. Que faut-il faire alors ? La résolution la plus importante est de s’assurer que les pays du Bassin du Congo, y compris les communautés forestières locales, disposent des partenariats, des outils et du soutien adéquats pour résoudre l’énigme du climat et des forêts, et s’engager dans une voie qui sera bénéfique à la fois pour la biodiversité inestimable de la sous-région et pour ses habitants.

Pour aller plus loin, voir le film d’animation de la société civile sur la Finance climatique : La protection des forêts et des droits des populations forestières en jeu !