REDD

Le mécanisme REDD
Le mécanisme visant à réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD, acronyme anglais pour Reduce Emissions from Deforestation and Forest Degradation) pourrait avoir des conséquences désastreuses sur les processus FLEGT, comme expliqué ci-dessous.
L’histoire du REDD
En 2005, la Coalition of Rainforest Nations (dirigée par le Costa Rica et la Papouasie-Nouvelle-Guinée) a présenté à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) une proposition qui permettrait aux pays abritant des forêts tropicales d’être rémunérés en échange du maintien de leurs forêts, dans le but de contribuer à la réduction des gaz à effet de serre. L’idée de base de cette proposition, intitulée « réduction des émissions dues à la déforestation dans les pays en développement », était qu’en rétribuant les pays pauvres pour les inciter à maintenir leurs forêts, les pays riches contribueraient à mettre fin au changement climatique.
Depuis, le concept a fait boule de neige. Les pays comptant de nombreuses forêts dégradées se sont mobilisés pour que l’acronyme REDD signifie « réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts ». De grands pays comme l’Inde et la Chine ont ensuite fait pression pour que REDD devienne REDD+ et intègre les plantations (au motif que celles-ci augmentaient les stocks de carbone), une gestion durable des forêts (qui pourrait bien souvent signifier davantage d’arbres abattus) et la préservation des forêts. Par la suite, d’autres ont demandé l’intégration de meilleures pratiques agricoles (REDD++).
Au moment où nous écrivons cet article, le REDD fait toujours l’objet de discussions à l’échelle internationale dans le cadre des négociations de la CCNUCC, mais plusieurs points de controverse doivent être éclaircis avant qu’un accord puisse être trouvé.
Les cogérants de logging off ont identifié deux principaux problèmes concernant le REDD :
- De nombreux groupes font pression pour que le REDD soit financé par un système de compensation permettant aux pays du Nord d’acheter des réductions des émissions aux pays REDD et d’utiliser ces permis pour continuer à brûler des énergies fossiles. Cela signifierait que même si les projets REDD parvenaient à réduire la déforestation, il n’y aurait aucune réduction des gaz à effet de serre à l’échelle mondiale et donc aucune diminution du risque d’un changement climatique catastrophique. La déforestation doit être réduite en même temps que les émissions d’énergies fossiles, et non à leur place, autrement les forêts ne survivront pas au changement climatique.
Et
- Des systèmes tels que le FLEGT ont permis d’améliorer considérablement la gouvernance forestière. Mais à cause des sommes d’argent importantes promises par le REDD, les groupes intéressés essayent déjà d’obtenir le contrôle des forêts et entravent ainsi les efforts faits pour améliorer la gouvernance forestière. Pourtant, sans une amélioration de la gouvernance forestière, les systèmes visant à réduire la déforestation sont voués à l’échec. La clarification des droits collectifs des communautés locales sur les terres et le respect du droit à un consentement libre, préalable et éclairé doivent être des conditions préalables à toute initiative visant à réduire la déforestation et la dégradation des forêts.
L’Africa Community Rights Network (ACRN) a publié une déclaration soutenant cette position : (http://www.wrm.org.uy/countries/Liberia/Africa_Community_Rights.html)
Bien que les discussions de l’ONU sur le climat n’aient pas encore abouti à un accord REDD international, la Banque mondiale a instauré un Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FCPF) et un Programme d’investissement pour la forêt (FIP) destinés à financer l’élaboration et la mise en œuvre de projets REDD à l’échelle nationale. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont également lancé l’initiative UN-REDD et les gouvernements nationaux, à l’instar de la France et de la Norvège, ont développé un Partenariat REDD+ provisoire pour faire avancer les initiatives REDD en l'absence d'un accord international. Enfin, plusieurs projets locaux de préservation des forêts et de forêts communales se présentent comme des « projets REDD » et vendent ou cherchent à vendre des crédits de compensation des émissions de carbone.
Les cogérants de ce site Web s’intéressent surtout à l’élaboration et à la mise en œuvre des projets REDD nationaux car dans la plupart des pays engagés à la fois dans le REDD et dans un processus FLEGT, ces projets pourraient nuire au processus FLEGT. En outre, ces projets sont élaborés sans aucune procédure de consultation des parties prenantes adéquate, enfreignent les règles de la Banque mondiale en matière de consultation des parties prenantes et n’expliquent pas ce qu’implique le financement du REDD par un marché du carbone, où les réductions de la déforestation n’entraîneraient pas de réductions globales des concentrations de gaz à effet de serre car la vente des crédits de compensation permet aux pays industrialisés de continuer à brûler des énergies fossiles. (Voir : Couper à travers la forêt
Le fonds de carbone forestier de la Banque mondiale : un échec pour les forêts et les peuples)
Documents
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Pays
- Cameroun (2)
- Congo (Brazzaville) (1)
- Ghana (1)
Thèmes
- Consultation / Participation (1)
- FCPF (1)
